02 octobre 2007

Monumental ment

Ce billet est dédié à Xavier Turbulin (*)

 

Hier, une femme pieds nus, une clocharde, déambulait au milieu de la route. Quand elle rejoignit le trottoir, elle importuna une dame très digne qui remplissait le coffre de sa voiture (neuve) de boîtes d'aliments pour chat.

 

Le coffre plein de l'une.
      

Les pieds nus de l'autre.

 

La ministre de l'Emploi, Christine Lagarde - avocate d'affaires ayant brillamment réussi Outre-Atlantique avant d'accepter, honorée, ses nouvelles fonctions, a présenté aujourd'hui les contours de la prochaine fusion de l'Agence Nationale pour l'Emploi et des Assedic.
      
 

La ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, Christine Lagarde, a affirmé que la fusion ANPE-Assedic permettra à chaque agent de suivre trente demandeurs d'emploi contre soixante actuellement. Cet objectif devrait permettre de ramener le taux de chômage à 5 % avant la fin 2012, a expliqué Mme Lagarde, dans un entretien publié mardi 2 octobre dans le quotidien économique Les Echos (source)

 

L'ANPE est un service public chargé de l'accompagnement des demandeurs d'emploi dans leur recherche.

Les Assedic sont chargés de l'indemnisation des chômeurs, pour peu qu'ils y aient droit.

 

40% des demandeurs d'emploi ont droit à des indemnités.
      


Ces indemnités s'étalent sur 7 à 23 mois en fonction du temps de cotisation préalable à leur perte d'emploi et des conditions de cette perte d'emploi. 

Elles représentent environ 60% du salaire net précédent.

 

L'ANPE est constituée de 30.000 agents environ, dont 22.000 sont au contact avec le public. Le reste, c'est de l'administration, de l'huile de rouage. On intègre l'ANPE par concours. En moyenne, il y a 200 candidats par poste proposé. Il s'agit d'une administration publique. Ses agents ne sont pas fonctionnaires mais contractuels de l'état.

L'ASSEDIC propose à ses 15.000 salariés des contrats de droit privé. L'embauche se fait sur la base d'entretien suite au dépôt de CV.

 

Les conditions de salaire ne sont pas les mêmes pour les uns et pour les autres. Il y a une différence d'environ 30% entre les conseillers à l'emploi et les agents Assedic. Au profit des seconds (1473 € bruts en début de carrière pour les conseillers ANPE).
      
Les premiers sont dans l'accompagnement, les seconds dans le calcul et le versement des indemnités.

 

Sociaux versus comptables.

 

On va les unir d'ici la fin de l'année.
   
 

Selon la ministre,"avec la fusion de l'ANPE et de l'Unedic, chaque chômeur disposera d'un interlocuteur unique, qui assurera à la fois son accueil, son inscription, son indemnisation et son accompagnement dans la recherche d'un nouvel emploi" (source) 

Ceci permettra, dixit la ministre, de faire passer de 60 à 30 le nombre de chômeurs accompagnés par chaque "expert" de la nouvelle entité.


Des raisons comptables peuvent expliquer ce raccourci.
 

Mais qu'est-ce qui explique le mensonge ? (**)
      

Actuellement, les conseillers ANPE suivent chacun de 150 à 250 demandeurs d'emploi (imaginez l'accompagnement mensuel de plus de 150 personnes aux parcours, aux métiers et aux contraintes différents).

 

Pourquoi alors parler de 60 demandeurs par conseiller actuellement ? 

- parce que la ministre ne connaît pas son sujet ?

- parce que l'ANPE est de toute façon le service public le moins aimé des Français et qu'en conséquence, personne ne s'élèvera pour sa défense

- parce que rien ni plus personne, dans l'actualité telle qu'elle est produite aujourd'hui, n'est en mesure de demander correction et mesure ?
       

Plus simplement : parce que tout le monde s'en fout.
 


Il n'y a pas 2 millions de demandeurs d'emploi en France, comme on l'entend, le lit ou le voit chaque mois (bientôt chaque trimestre, ne gâchons pas le temps qui passe).
 


Ces 2.000.000 sont les chômeurs dits de catégorie 1.
      
Or il y a 8 catégories.

 

Ne sont pas comptabilisés dans les chiffres les demandeurs d'emploi :

- âgés de 57 ans et plus
- en arrêt maladie
- ayant travaillé plus de 78 heures le mois précédent
- en formation
- des départements d'outre-mer

- ayant été radiés pour défaut de pointage ou autre
- étudiants à la recherche d'un emploi
- non inscrits parce que mal informés de leurs droits

Le chiffre réel dépasse les 5 millions de personnes

 

Les futurs conseillers à l'emploi de France Emploi, nom de code de la fusion ANPE-ASSEDIC, se chargeraient ainsi de 30 demandeurs d'emploi chacun, de l'indemnisation à la recherche d'emploi.

Or   5.000.000 / 30 = 166.666 


Il faudrait donc plus 166.000 conseillers dans les nouveaux Job Centers à la française.
      
Qui en disposeront, après fusion, de 45.000 -même en tolérant le raccourci comptable évoqué plus haut.

 

Cela signifie donc que les futurs spécialistes de l'accompagnement, qui seront sur le papier 45.000 mais effectivement 35.000 opérationnels face au public, ne s'occuperont pas de tous les chômeurs.

Car seuls les demandeurs d'emploi indemnisés importeront. 

C'est déjà souvent le cas.
Essayez de faire une formation après 9 mois de chômage...

Allez, délirons : d'ici 2012 (puisque le Futur semble avoir retrouvé son millésime emblématique avec la date des prochaines élections présidentielles -le second mandat de l'homme pressé et pressant), les entretiens d'embauche seront payants pour les candidats à l'emploi ! 

Pauvres chômeurs... 

Il se dit que les chômeurs ont été inventés pour faire peur aux salariés. Les bénéficiaires du RMI pour effrayer les chômeurs. Et les SDF pour faire taire ces derniers.

 

Travailler plus pour être plus... seuls.

 

Une prochaine fois, on pourra parler de ce que signifie le Grenelle de l'insertion dont le propos serait de remplacer les 10 contrats aidés existants par un seul (source).

 

Diable que le pavé est froid.
      
      

Minou, la pâté est servie !

          
      
      

(*) chômeur qui s’est immolé par le feu le 1er mai 1993 à Bordeaux. Cet homme, âgé d’une trentaine d’années, a déclaré aux sauveteurs avant de décéder « qu’il ne supportait plus d’être sans travail depuis un an ». Il s’était aspergé d’essence avant de l’enflammer, peu avant minuit, sur le quai de Brienne, à la sortie de Bordeaux.

Ce même jour, le 1er mai 1993, l'ancien Premier Ministre Pierre Bérégovoy s'était également suicidé, ce qui avait complètement occulté dans la presse le geste de désespoir de Xavier Turbulin (source)

      

(**)
      
Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes
       
Parce que Messieurs quand on le laisse seul
       
Le monde mental Messieurs
       
N'est pas du tout brillant
       
Et sitôt qu'il est seul
       
Travaille arbitrairement
       
S'érigeant pour soi-même
       
Et soi-disant généreusement en l'honneur des travailleurs du bâtiment
       
Un auto-monument
       
Répétons-le Messsssieurs
       
Quand on le laisse seul
       
Le monde mental
       
Ment
       
Monumentalement.
       

Jacques Prévert, Il ne faut pas

         
       

    chanté par Serge Reggiani

02 août 2007

Presque un tiers des Irakiens ont besoin d’une aide d’urgence alors qu’une crise humanitaire se cache derriere le conflit selon Oxfam et le NCCI


A l’ombre de la violence en Iraq une crise humanitaire fait rage, avec 8 millions d’Irakiens – Presque 1 sur 3 – ayant besoin d’une aide d’urgence, selon un rapport publié aujourd’hui par l’organisation internationale Oxfam et le NCCI, un réseau d’organisations humanitaires travaillant en Irak.

 

Le rapport des organisations “Etre a la hauteur du défi humanitaire en Irak” révele que bien que la scandaleuse situation securitaire est le plus gros probleme auquel ont a faire face la population irakienne, le gouvernement Irakien et les gouvernments ayant une certaine influence dans le pays devrait faire beaucoup plus pour répondre aux besoins de base tels que l’eau, la nourriture, l’hebergement ou les installations sanitaires.

 

Selon le rapport:
· Quatre millions d’Irakiens – 15% - ne peuvent pas se procurer régulierement de quoi se nourrir.
· 70% ne recoivent pas leurs besoins en eau, comparé aux 50% dans ce cas en 2003.
· 28% des enfants sont malnourris, compare aux 19% d’avant l’invasion de 2003.
· 92% des enfants irakiens souffrent de problemes d’apprentissage, principalement a cause du climat de peur.
· Plus de 2 millions de personnes – principalement des femmes et des enfants – ont été déplacé à l’intérieur de l’Irak.
· 2 autres millions ont trouvé refuge a l’étranger, principalement en Syrie et en Jordanie.

 

Selon Barbara Stocking, directrice d’Oxfam GB: « La terrible violence en Irak a longtemps caché la crise humanitaire qui fait rage. La malnutrition chez les enfants a dramaticalement augmenté tandis que les services de base, détruits par des années de guerre et de sanction ne peuvent répondre aux besoins du peuple irakien. Des millions d’irakiens sont forcés de fuir la violence que ce soit vers un autre lieu en Irak, ou a l’étranger. La plupart d’entre eux vivent dans une terrible pauvreté. »

 

« Malgré la gravité de la violence, le Gouvernment Irakien, les Nations Unies et la communauté Internationale peuvent faire plus pour répondre aux besoins de la population. Le gouvernment Irakien doit s’engager afin de supporter les plus pauvres de ses citoyens, y compris les déplacés internes, en developpant les distributions de nourriture et les aides financieres pour les plus en difficultés. Les bailleurs occidentaux doivent s’engager concretement au travers des organisations humanitaires Irakiennes et internationales et développer des systemes plus flexibles afin de permettre a ces organisations d’opérer plus efficacement et effectivement. »

 

« Les actions humanitaires doivent agir en fonction de l’intensité des combats et avec les limites que montrent les faibles institutions iraquiennes. Neanmoins, une plus grande intervention peut et doit etre mis en place pour aider le peuple irakien.»

 

Bien qu’il y ait un besoin urgent pour une plus grande intervention humanitaire, Oxfam et le NCCI pensent que la premiere priorité de quiconque impliqué en Irak est de mettre fin au conflit. Le gouvernment Irakien et les forces multi-nationales doivent aussi s’assurer que leurs troupes respectent leurs obligations morales et légales de ne pas blesser de civils, ni endommager leurs biens.

 

Le Gouvernement Irakien devrait immediatement elargir ses distributions alimentaires, augmenter les aides financieres d’urgence et supporter les organisations humanitaires locales. Le gouvernment devrait également mettre en place une approche plus decentralisée et autoriser les autorités locales a apporter une aide d’urgence. Les gouvernments étrangers, y compris ceux des Etats Unis et de Grande Bretagne, devraient supporter les ministeres Irakiens a mettre en place une telle politique.

 

Oxfam a eu des employés travaillant a l’interieur de l’Irak, mais s’est retirée du pays en raison des problemes chroniques d’insécurité. Aujourd’hui, l’organisation supporte des organisations humanitaires Irakiennes et internationales qui sont toujours capable d’intervenir dans le pays. Bien que la violence et l’insécurité réduisent l’aide apportée par les travailleurs humanitaires aux personnes dans le besoin, plus de 80% des organisations humanitaires qui interviennent en Irak pourraient augmenter leur capacites d’intervention si elles avaient plus de moyens, nottament financiers, selon une étude conduite par Oxfam en Avril 2007.

 

Beaucoup d’organisations humanitaires refusent d’accepter de l’argent de gouvernements qui ont des troupes en Irak, car cela mettrait en danger a la fois la securité de leurs employés, mais également leur indépendance. De ce fait, le rapport encourage les bailleurs internationaux et les pays n’ayant pas envoyés leurs troupes en Irak d’augmenter leurs aides d’urgence pour l’action humanitaire.

 

FIN

 

 

 

Note :

 

 

Ce rapport a ete produit conjointement par Oxfam et le comite de coordination des ONGs en Irak. (NCCI).
 
Le Comité de coordination des ONG en Irak (NCCI en anglais) est un réseau d’environ 80 ONG internationales et 200 ONG irakiennes, installé à Bagdad depuis 2003, immédiatement après le début de la guerre. Son but est d’aider les ONG à évaluer les besoins de la population irakienne et à y pourvoir. Le NCCI fournit également des informations impartiales pour les ONG opérant en Irak et facilite la coordination de leurs activités. Les membres du NCCI se conforment tous au Code de Conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge et pour les organisations non gouvernementales lors des opérations de secours en cas de catastrophe.
Oxfam soutient des organisations partenaires en Irak depuis son siège d’Amman, en Jordanie. Les programmes soutenus par Oxfam comprennent la distribution d’une aide d’urgence aux personnes déplacées internes dans le centre et le sud de l’Irak, la distribution de matériel médical d’urgence pour les hôpitaux et les cliniques situés dans les zones de combat et la résolution de conflits entre les réfugiés palestiniens et la communauté irakienne. De plus, Oxfam travaille en partenariat avec d’autres ONG internationales au renforcement des capacités de six ONG irakiennes en matière de gestion de projet, gouvernance, consolidation de la paix et résolution de conflit. Oxfam n’a plus de personnel présent en Irak depuis 2003, en raison des risques sécuritaires.
  

Le rapport complet (en anglais) est ici.

Le document d'information (pdf en français) est ici.



Relayé by Largentula

05 juillet 2007

A un moment, il faut trancher


   
C'est la phrase du jour. Elle peut s'appliquer partout et pour toute chose. Mais il y a un moment précis pour la citer. C'est encore plus savoureux entre gens de bonne volonté.
   
   
Ce matin sur la route, devant un long feu rouge, tout devant puisqu'en scooter, un panneau 4x3 déclarait en substance :
La Nature est toujours la plus forte.
   
D'accord.
   
   
Il s'agit d'une publicité pour Baygon et un de ses désherbants.
   
La Nature est toujours la plus forte, me rappelle l'affiche.
   
   
C'est comme pour le Requiem de Mozart.
Faites écouter cette musique à un ado et il vous dira - s'il vous répond quand vous posez une question :
   
- c'est la pub pour Mercedes.
   
   
La meilleure défense, c'est l'attaque.
   
   
C'est donc un fabricant de pesticides, de produits éliminant les insectes, vantant leur extermination rapide qui nous met en garde :
la Nature est toujours la plus forte.
   

Et s'ils le disent eux...
   
   
Mais au fait... si la nature est toujours la plus forte, à quoi bon vouloir contrecarrer ses plans ?
   
   
Il s'agit d'une bombe pour erradiquer les mauvaises herbes.
   
   
Le feu passe au vert et je crois comprendre le message : sans l'aide de Baygon, on aura beau lutter contre la chienlit, elle reviendra.
   
Mais d'où vient la chienlit ?
   
   
Et c'est quoi, la chienlit ?
   
   
   
La meilleure défense, c'est l'attaque.
   
   
Cette leçon concernant Mère Nature nous est infligée par un industriel de référence.
   
Qui met également en avant, sur son site, son engagement social.
   
   
   
   
Andiamo avanti cosi', s'exclamait Nanni Moretti dans un de ses films.
   
   
   
Tandis qu'il fait moche sur une grande partie de la France, un sirocco insolent a soufflé par bourrasque
ici toute la journée. Toujours devant aux feux et donc premier à fendre l'air agité, j'avoue que l'agréable chaleur est teintée par la crainte de me faire balayer. Puis ratatiner sur la Promenade des Anglais au sujet desquels je m'interroge : quelle est leur émotion en foulant la Gracieuse Courbe     ?
   
   
La meilleure défense, c'est l'attaque. Baygon a été crée en 1975 par le géant chimique et pharmaceutique Bayer AG. Il a été racheté par S. C. Johnson & Son, Inc.  Qui possède Raid, dans le même rayon.
   
   
La meilleure défense, c'est l'attaque et la
Nature est toujours la plus forte.
   
   
Il n'y a pas de quoi s'inquiéter pour les arroseurs arrosés.
   
   

Andiamo avanti cosi', facciamoci del male est l'exclamation complète telle que la prononce Nanni Moretti en regardant les dirigeants de la gauche italienne à la télé, incapables de faire face et de s'organiser pour contrer la Droite de Berlusconi.
   
   
Continuons comme cela, faisons-nous du mal
.
   
Mais l'erreur est humaine.
   
   
Il fait moche sur la France des juillettistes. Les pluies d'été provoquent une ruée sur le sud titre la Tribune de Genève dans sa rubrique Economie.
   
   
Ce vent chaud et ce soleil mauvais, qui brûle les peaux pourtant habitués...
   
Y-t-il un rapport avec Baygon ? ! ?
   
   
La meilleure défense, c'est l'attaque.
L
a Nature est toujours la plus forte.
   
Continuons comme cela, faisons-nous du mal
.
   
Le feu est aux portes d'Antibes, ce soir.
   
   
    Continuons d'arroser.
   
   
Logo de la nouvelle Fiat 500 [source : LaRepubblica.it]Fiat (Fix It Again Tony) diffuse en ce moment sur internet son show de lancement de la nouvelle Fiat 500, en direct de Turin. Ils sont 100.000 sur place. Le spectacle intitulé "Welcome 500" est grandiose comme une cérémonie d'ouverture des Jeux Oympiques.
   

   
Cinquante ans après sa mythique aînée, c'est un peu la voiture de la dernière chance pour le constructeur de la Péninsule. Les 3,40 mètres de ce nouveau modèle sont ces jours-ci révélés au monde dans l'écrin de la somptuosité italienne.

   
   
   
En Sicile, la sècheresse est telle que le goudron fond en journée : plus personne ne doit emprunter les rues entre 11 et 16 heures. Enfants et salariés, interdits.
   
   
   
Le show est magnifique à l'écran. Les années sont égrénées de 1957 à nos jours. Des Beatles ont joué à ses côtés. Une Maryline vient de lui chanter son happy birthday. Un demi-siècle des     hommes défile. La musique de ces 5 décennies, ses temps forts et toujours, au milieu de la scène, une Cinquecento qui trône. Elle a traversé Notre Epoque
(TM) !
   
   
L'image restera.
   
Elle sera reprise par le zapping. Certains, plus jeunes, la prendront pour argent comptant.
   
La nouvelle Fiat 500 est l'histoire.
   
Notre histoire est celle de la consommation.
   
   
Je n'arrive parfois plus à voir le monde sans ce qui se vend.
   
   
Ca me rend triste.
   
   
La Nature est toujours la plus forte.
 

 
 
Dans la rue, des employés municipaux passent devant chaque maison et apposent du gros scotch sur les conteneurs. Les poubelles ne doivent plus être ouvertes avant le ramassage. Même ça, ça se vend ?
 
     


- C'est quoi ton boulot ?
- Je condamne les poubelles pour qu'aucun chien ne souille la rue en les fouillant la nuit.
   

Continuons comme cela, faisons-nous du mal.
   
La meilleure défense, c'est l'attaque.
   
   
    Errare humanum est, perseverare diabolicum.
   
   
   
A un moment, il faut trancher.


12 mars 2007

l'autre croissance, les freemen et la présidentielle

Un an et demi après sa création, le réseau freemen peut aujourd’hui considérer que ses premiers objectifs sont atteints.

 

Avec la déclaration du président de la République hier, et les demandes du premier ministre la semaine dernière, c’est en effet aujourd’hui tout l’échiquier politique, hors FN et LO, qui reconnaît l’existence et l’importance des deux points qui sont la base de ce réseau de blogs :

 

1. le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique,

 

2. s’attaquer sérieusement à ce problème (et à d’autres… guerres, pauvreté, etc.) implique une remise en cause profonde de nos modèles économiques et particulièrement de la notion de « croissance »,

 

Tour à tour qualifié de think tank, de lobby, (voire de secte !), de « vraie puissance du net », de nouvelle franc-maçonnerie, d’avant-garde du 5eme pouvoir, le réseau freemen, qui n’est rien d’autre qu’un modeste réseau de blogueurs, s’était fixé il y a quelques mois comme premier objectif de faire entrer ces deux thèmes dans la campagne présidentielle.

 

Le premier thème a rapidement été pris en compte, notamment grâce aux interventions des forces écologistes, appuyées par Nicolas Hulot et Al Gore ; restait à le relier à la notion de croissance et à la définition de nouveaux indicateurs de progrès réel. Ce long travail s’achevait hier soir avec le ralliement du dernier bastion conservateur : la Présidence de la République française.

 

« C'est une révolution dans nos esprits tout autant qu'à l'échelle mondiale qu'il faut mener. Pour concevoir un nouveau mode de relation avec la nature et inventer une autre croissance. » Jacques Chirac. 11 mars 2007.

 

Cette déclaration est donc la dernière d’une longue série qui a vu tour à tour toutes les tendances politiques de ce pays reconnaître que la sacro-sainte croissance, qui concentrait il y a quelques mois encore toutes les attentions, n’était plus un objectif sensé pour une société moderne.

 

On trouvera ci-dessous les extraits les plus pertinents sur ce thème des discours et programmes des différentes tendances.

 

Nous sommes tout à fait conscient que le réseau freemen n’a pas fait cela tout seul et que chacun n’a fait ici que son devoir de citoyen du monde, selon ses propres moyens et convictions, que ce soit au travers de posts sur un blog ou de dîners avec des présidentiables ; nous tenons à remercier et à féliciter aujourd’hui tous ceux et toutes celles qui ont contribué à la diffusion et à la progression de ces idées.

 

Nous invitons chaque citoyen à se rendre compte que, au-delà  de la mise en place de nouveaux objectifs et indicateurs, cette « autre croissance » n’est tout simplement pas compatible avec le capitalisme sous sa forme actuelle.

La majeure partie de notre économie, de nos entreprises, est aujourd’hui soumise à la dictature d’une course sans fin au profit financier dont nous devons la libérer.

 

Quelque soit le résultat des prochaines élections, la nouvelle équipe gouvernementale n’en aura en aucun cas les moyens.

 

Ce n’est pas dans une quelconque idéologie ou doctrine politique, ni dans des mesures gouvernementales que se situent les portes des nouveaux mondes ; mais bien dans la mise en place et la diffusion d’alternatives concrètes qui existent déjà par centaines. C’est à leur construction que nous devons maintenant consacrer l’essentiel de notre énergie.

 

Le monde sera le résultat de nos expérimentations.

 

 

Colonels Fedhmann Kassad et Aureliano Buendia

Lieutenant Francesco Casabaldi.

 

 

---

 

Dominique de Villepin

 

Dominique de Villepin a demandé mardi à l'INSEE de mettre à la disposition des Français "deux ou trois indicateurs" nouveaux de croissance pour mettre en évidence le "progrès durable".

"Nous devons construire une croissance qui ait un sens plus large que la seule augmentation du PIB", a déclaré le Premier ministre à l'issue de la première conférence sur la croissance à Bercy.

Notant que les Français veulent une économie "dynamique" mais aussi "juste", "un environnement préservé, un système de santé de qualité, des services publics efficaces", il a appelé de ses voeux "de nouveaux outils de mesure plus en phase avec ces aspirations".

[…]

"La croissance, ce n'est pas seulement une question économique, c'est aussi un choix de société", a rappelé M. de Villepin, qui a réaffirmé son objectif d'une croissance de 3% à l'horizon 2012, contre 2% l'an dernier. AP

 

Corinne Lepage

 

"Leurs outils de mesure sont la croissance économique et le PIB. Ce qui ne rentre pas dans leur grille n’existe pas. Sept millions de Françaises et de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Une ligne statistique qui ne perturbe pas le chiffre du commerce extérieur. Le taux de suicide effarant chez les jeunes adultes, la consommation de neuroleptiques, d’antidépresseurs ? Du chiffre d’affaires pour les laboratoires qui les fabriquent, les pharmaciens qui les distribuent, encore du PIB. Une femme décède tous les quatre jours sous les coups de son partenaire ? Rien. Leurs outils sont systématiquement tournés vers la création de profils financiers. Et jusque-là tout allait bien, jusqu’à cette damnée croissance en berne. Cette croissance économique est un aveuglement idéologique."

 

François Bayrou

 

“Deuxième sujet, qui pour moi est central: celui des indices avec lesquels nous mesurons notre développement.

Le PIB donne la même valeur à une activité humaine qui détruit l’environnement et à une activité humaine qui le sauvegarde. Le travail de dépollution sur l'Erika est compté dans le PIB ! Cela ressemble à une entreprise qui ne proposerait pas de bilan, qui ne différencierait pas l’investissement et les frais généraux. Il faut que nous mesurions non pas l’activité, mais le développement humain . Il me semble nécessaire de définir internationalement un indice du développement humain.

Voilà les idées que je voulais aborder.

L’écologie devient la condition nécessaire de toute action politique. Le climat, est la grande menace du siècle. Partis comme nous sommes, si nous laissons faire le marché, la consommation, nous allons connaître la pire catastrophe humanitaire. Notre objectif, c’est de diviser par quatre notre consommation d’énergie fossile d’ici 2050. Et donc de la diminuer d’un quart d’ici 2020. Et nous n’y arriverons qu’en changeant, dans le bâtiment, dans les transports, dans les voitures, notre mode de vie. Et ce qui paraît une contrainte, est en fait la chance d’une vie différente.”

 

Et ailleurs, moins directement lié, mais « dans l’esprit » :

 

"Pour moi, ces questions, qu'on présente toujours comme des menaces, sont aussi une chance .

Il y a sans doute menace sur l'espèce humaine, mais pas sur notre niveau de développement. Pas si l'on considère que le développement, c'est le développement humain. Education, connaissance, capacité de vivre ensemble, capacité de vivre plus sobrement, de respecter la planète, capacité de voir dans les Indiens d'Amazonie nos frères humains embarqués dans la même barque, capacité de bâtir la gouvernance mondiale dont nous avons besoin, capacité de saisir les instances politiques de l'humanité des problèmes qui dépassent les États et les entreprises - ce que recèlent les questions dont nous débattons aujourd'hui, c'est un immense progrès pour l'humanité !

Il faut que nous ressentions et fassions partager aux Français cette idée : il faut répondre à l'urgence, et en même temps bâtir un projet de société pour la France, l'Europe, la planète.

Un nouveau modèle de développement est en germe, plus sobre . Tout comme un nouveau modèle de développement est en germe dans Internet, si on le regarde comme l'autonomie et la mobilisation des citoyens, par exemple dans les wikis.

Portons ce double message : responsabilité pour répondre à l'urgence, vision d'un nouveau mode de vie pour l'humanité ; et c'est alors que les citoyens, qui vont avoir à voter, nous entendront."

 

 

Alternative unitaire (point 2 du programme)

 

2 - UN NOUVEAU TYPE DE DEVELOPPEMENT

Protéger l’environnement

Les politiques libérales financiarisées et productivistes constituent un obstacle à la défense de l’environnement et à la sauvegarde de la planète.

C’est à la redéfinition du type de croissance, de production et de consommation qu’il faut s’atteler.

 

 

Parti socialiste

 

« Nous mettrons en place des indicateurs de croissance durable pour construire de nouvelles mesures de la richesse nationale qui prennent en compte le coût de la pollution et de la destruction des ressources non renouvelables »



source > A tous les hommes libres

31 janvier 2007

L'autre campagne avec Patate, le seul candidat qui ne se présente pas

Communiqué du collectif de soutien au candidat Patate

La campagne électorale vous désespère ?

Vous pensez que la politique ne se pratique pas (que) dans les urnes ?

Durant cette période, les positions politiques des uns et des autres se résument en général à deux attitudes à notre sens aussi vaines l’une que l’autre : l’électoralisme bêlant ou l’anti-électoralisme primaire.
Rester à distance, se taire et observer, un sourire narquois aux lèvres, ce n’est sûrement pas non plus l’attitude la plus constructive.

Mais alors, que faire ?

LE PROJET PATATE

Trois objectifs principaux :

  1. réhabiliter l’action politique et dénoncer le cirque électoral.
  2. redonner aux gens l’envie de faire de la politique au sens où nous l’entendons, c’est-à-dire comme un champ d’expérimentation de nos idéaux à travers des pratiques concrètes.
  3. montrer que des alternatives politiques concrètes existent, en valorisant toutes les initiatives qui luttent contre le système capitaliste.

Mais Patate n’a pas réponse à tout. C’est au contraire les questions qui l’intéressent, et surtout le débat d’idées : car toute démarche, toute pratique, tout discours demande à être questionné, critiqué, expliqué. Un des objectifs de Patate, c’est de redonner la parole aux gens, de créer des espaces d’expression politique. C’est une façon aussi de répondre aux discours sécuritaires et autoritaires de droite et de gauche sans tomber dans le discours du «tous pourris» qui ne peut que favoriser l’extrême droite : la réponse est dans la construction d’alternatives, et pas seulement dans la dénonciation du discours des autres.

21 janvier 2007

Pompez, shaddocks, pompez le Napoli !

LONDRES (Reuters) - Le porte-conteneurs "Napoli", qui s'est retrouvé en perdition en Manche jeudi et a été remorqué jusqu'à la côte anglaise du Devon pour éviter qu'il ne sombre avec sa cargaison, a perdu une partie de son chargement et du carburant s'écoulait dimanche de sa coque.

Le navire a perdu près de 160 des 2.400 conteneurs à son bord, a déclaré dimanche à Reuters un porte-parole des garde-côtes britanniques. Le "Napoli" gîte de 30° et des conteneurs sont tombés de son pont.

"Un réservoir fracassé de la salle des machines fuit et malheureusement, le barrage flottant qui avait été déployé pour contenir cet écoulement a dû être retiré en raison des conteneurs", a ajouté le porte-parole en ajoutant que l'environnement en pâtissait peu, pour l'heure.

Deux des conteneurs, a-t-il dit, renferment des substances potentiellement dangereuses - parfums, pièces détachées de voitures et de l'acide pour batteries - mais une fois encore, selon lui, le risque pour l'environnement est faible.

"C'est une situation plutôt instable, et nous espérons sincèrement que les conditions météo ne s'aggraveront pas", a dit le porte-parole.

A chaque marée haute, le navire échoué se remet à flotter et pourrait à chaque occasion faire naufrage, aussi les deux remorqueurs français, l'"Abeille Bourbon" et l'"Abeille Liberté", qui l'ont conduit jusqu'aux côtes du Devon, dans le sud de l'Angleterre, continuent-ils de le tirer un peu plus vers le rivage, pour empêcher que le "Napoli", qui bat pavillon britannique, ne sombre.

Une fois que ce sera fait, le navire sera lesté d'eau afin qu'il reste immobile et le contenu des réservoirs sera pompé pour éviter toute nouvelle pollution. Des grues flottantes seront acheminées pour décharger les conteneurs.


=> le naufrage du Napoli dans l'actualité

=> Galerie photographique  : le naufrage du Napoli dans la Manche  [ source : La Repubblica ]

30 octobre 2006

Le coût du réchauffement climatique pourrait atteindre 5,5 trillions d'Euro

Une étude d'un ancien responsable de la Banque mondiale affirme que le réchauffement climatique pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 5,5  trillions d'euros (7 trillions de dollars) si les gouvernements ne prennent pas de mesures radicales au cours des 10 prochaines années.

Ainsi, ne rien faire pour lutter contre le changement climatique risque d'entraîner une crise économique de l'ampleur de celle de 1930, affirme un rapport britannique sur le coût du changement climatique. Le rapport de Nicholas Stern, économiste du gouvernement britannique, affirme que les bénéfices de mesures prises dans le monde entier pour lutter contre le changement climatique dépasseront nettement les coûts. Le rapport de 700 pages, sera rendu public aujourd'hui,  indique que quoi que nous fassions maintenant, il est déjà presque impossible de maintenir les gaz à effet de serre à un niveau qui, selon les scientifiques, permettrait d'éviter les pires conséquences du changement climatique. Il affirme que, contrairement à ce qu'a fait valoir le président américain George Bush, qui s'est retiré du Protocole de Kyoto, en partie parce que cela coûterait selon lui des emplois, le monde n'a pas à choisir entre la lutte contre le changement climatique et la croissance économique. "Les données relevées par l'étude mènent à une conclusion simple: les bénéfices d'une action forte et rapide dépassent considérablement les coûts", dit le rapport préparé pour le Premier ministre Tony Blair et le ministre des Finances Gordon Brown.

Invité hier de Sky News, le ministre britannique de l'Environnement, David Milliband, a insisté sur l'importance d'une "réponse globale et non nationale" au problème. "Il est vital que les principaux émetteurs (de gaz à effet de serre) comme les
Etats-Unis et les économies croissantes comme la Chine ou l'Inde participent aussi à la solution", a-t-il ajouté.

L'Onu doit ouvrir le 6 novembre à Nairobi des discussions sur le
climat qui ont pour but de trouver une suite au Protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Blair plaide pour un accord post-Kyoto qui inclurait les Etats-Unis - premier émetteur mondial de gaz à effet de serre - ainsi que les principaux pays en développement tels que la Chine et l'Inde. Kyoto engage 35 pays riches à réduire d'ici 2008-2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de cinq pour cent par rapport aux niveaux de 1990. Mais beaucoup de signataires du Protocole sont loin de cet objectif.

Selon Stern, si la tendance actuelle se maintient, les températures moyennes augmenteront de deux à trois degrés centigrades au cours des cinquante prochaines années. Si les émissions continuent d'augmenter, la Terre pourrait se réchauffer de plusieurs degrés supplémentaires avec de graves conséquences qui frapperaient avant tout les pays pauvres. La fonte des glaciers accroîtrait dans un premier temps les risques d'
inondations littorales et réduirait ensuite les quantités d'eau disponibles, menaçant le sixième de la population mondiale, principalement dans le sous-continent indien, une partie de la Chine et les Andes. La diminution des récoltes, en particulier en Afrique, pourrait mettre des centaines de millions de personnes dans l'incapacité de produire ou d'acheter des vivres en quantité suffisante. L'élévation du niveau de la mer risquerait d'entraîner des inondations frappant chaque année des dizaines voire des centaines de millions de personnes supplémentaires.

Le rapport estime que la stabilisation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère coûtera d'ici 2050 un pour cent environ du PIB mondial. Mais si rien n'est fait, cela réduira la consommation par personne de cinq à vingt pour cent. Nicholas Stern prône une approche internationale coordonnée pour combattre le changement climatique et souligne que les efforts doivent être répartis équitablement entre riches et pauvres. Il suggère que les pays riches se chargent d'ici 2050 de réduire les émissions de 60 à 80% par rapport à 1990. Lutter contre le réchauffement global apporterait de nouvelles opportunités à l'industrie, estime Stern, qui évalue à au moins 500 milliards de dollars par an d'ici 2050 le marché des produits à faible dégagement de CO?. Il prône le doublement dans le monde des dépenses publiques consacrées à la recherche et au développement de ce type de produit et une forte augmentation des incitations à leur utilisation. Selon Stern il faudra faire payer la pollution par le biais de taxes ou d'une règlementation.

Source: Banque mondiale

31 août 2006

La révolution n’est ni à gauche, ni à droite, elle est en face de nous

La micropolitique va s’emparer, et jusqu’à l’élection présidentielle de 2007, d’une question fondamentale mais parfaitement obsolète : êtes-vous de droite ou de gauche ? Êtes-vous ségoliste de droite ou sarkozien de gauche ? Êtes-vous vert tendance gauche plurielle, ou vert nuance Hulot-Chirac ? Les journalistes et autres spécialistes de la géométrie de l’échiquier politique tourneront ces questions dans tous les sens, jusqu’à nous écœurer. Il faudra se positionner, de gré ou de force, se placer dans une case étiquetée, entrer dans le moule des idées vides.

Ces questions n’ont en effet plus de sens aujourd’hui. Ce sont des simplifications abusives qui se situent en décalage avec la complexité des problématiques et avec l’intelligence des électeurs. Les politiques qui vont se présenter à nos suffrages doivent comprendre que les citoyens ne sont pas désintéressés par la politique, bien au contraire ; en revanche, ils sont déçus des clivages politiques désuets, du manichéisme puéril des discours et de la réduction hypermédiatique des idées. Face aux enjeux de notre époque, ces artifices sémantiques ne sont que piètres déguisements pour occulter les réalités et éluder les questions qui méritent d’autres réponses que celles mijotées dans les vieilles marmites de la politique du siècle dernier. Des réponses plus radicales, en un mot : révolutionnaires.

Car c’est de révolution dont il s’agit. De révolution humaine.

Quand on parle de révolution humaine, on doit repenser le mot même de révolution. Il recouvre désormais une métamorphose multidimensionnelle qui se joue partout, qui modifie nos façons de penser, de nous comporter et d’agir. La révolution humaine vient de partout et de nulle part. Elle vient de l’inconscience des besoins primordiaux de l’humain et de la conscience devenue extrême de se survivre. Cette révolution ne renvoie pas à un monde meilleur mais à un monde que l’on aura sauvé de la catastrophe. La révolution humaine n’a pas de meneur, elle n’a pas de tactique, elle n’a pas non plus de noyau social. Elle est une galaxie de révolutions autonomes et interdépendantes, dans tous les domaines. Elle est la sortie de la grande confusion.

La révolution humaine c’est aussi celle de l’intelligence. On la voit se développer sous nos yeux et provoquer d’immenses formes de confusion et de résistances. Résistances culturelles fondées sur l’inégale capacité des individus à abstraire les informations, à utiliser les codes, les symboles, les langages et les procédures parfois complexes, sur la mise en évidence des décalages éducationnels, sur la circulation des productions intellectuelles et sur leur protection... Résistances politiques devant l’obsolescence des frontières nationales, l’émergence de nouvelles aspirations démocratiques, subversives ou révolutionnaires, devant les décalages entre les réglementations anciennes et la vocation de liberté des réseaux... Résistances économiques face à l’instauration de nouvelles organisations et de nouvelles formes hiérarchiques, à l’explosion territoriale des zones commerciales, à l’arrivée de nouveaux producteurs et modes de distribution... Résistances médiatiques face à l’émergence de nouveaux types de supports, l’accès immédiat à une multitude d’informations, l’ubiquité du réseau, l’automédiatisation de plus en plus répandue...

Ces résistances sont en décalage avec les mutations actuelles. Elles se déploient pour freiner, plus ou moins confusément, avec plus ou moins de succès, l’émergence des dispositifs de démocratie directe, de mise en réseau des intelligences et de développement du cyberespace politique, économique et social. Les couplets convenus récités sur la politique, les libertés et la démocratie, masquent mal ces combats d’arrière-garde qui luttent de manière pathétique pour canaliser un mouvement irréversible, certes éminemment subversif, mais hautement civilisationnel. Un mouvement qui n’a que faire de se positionner à gauche ou à droite.

Cette révolution implique de repenser fondamentalement le politique, et dans ces sociétés complexes qui naissent, de réinventer la démocratie. La tâche qui nous attend n’est pas aisée, car elle se déroulera dans une réalité confuse, violente et souvent imprévisible. Il nous faudra faire l’apprentissage de dimensions nouvelles, de réalités différentes et de disparités prodigieuses. Le réel devra être appréhendé dans sa contingence. Il ne souffrira pas de décisions ou d’initiatives souveraines ; il exigera des réponses qui ne seront formulées que si, au préalable, un accueil a été réservé aux réalités de l’autre.

Le politique, s’il ne veut pas être volatilisé par la révolution, doit trouver sa place dans un système de régulations à niveaux multiples dans lequel les relations souples, moléculaires et réticulaires entre les éléments seront plus importantes que les directives d’homogénéisation, d’unité et de sens imposé. Le politique devra abandonner ses certitudes et son orgueil, accepter que la société ne soit plus totalement objectivée ni homogénéisée, qu’elle n’entre pas forcément dans les cases de droite ou de gauche, et que, sans être opaque, elle comporte désormais une nouvelle dimension : celle d’une indétermination ouverte, susceptible d’une pluralité d’interprétations. Le politique devra se défaire de son aura archétypale d’incontestabilité ; il pourra alors jouer son rôle de pilotage vers une révélation partielle du réel, toujours susceptible d’amendements et de remises en question.

Cela ne signifie pas un aveu de faiblesse. Au contraire, de nouveaux axes orthogonaux devront apparaître dans ses plans, au-delà de la gauche et de la droite ; c’est ce qui lui donnera toute sa force.

11 août 2006

Une étincelle suffit pour déclencher l’apocalypse nucléaire !

L’Europe est passée à deux doigts de la catastrophe nucléaire le 25 juillet 2006 à cause d’un court-circuit qui a provoqué le black-out d’un réacteur à Forsmark en Suède. Selon l’ancien responsable de cette centrale, « C’est l’événement le plus dangereux depuis Harrisburg et Tchernobyl ».

Alors que la panne gravissime du réacteur suédois fait la UNE de la presse en Europe, on en a très peu entendu parler en France. Le Réseau « Sortir du nucléaire » apporte donc la lumière sur le plus grave événement lié à un réacteur nucléaire depuis l’explosion de Tchernobyl, il y a exactement 20 ans.

Lire la suite > ici

06 juillet 2006

Alerte nucléaire, énergétique et sociale

Les tours de réfrigération dispersent des légionelles

Vous habitez près des centrales électro-nucléaires suivantes (dans un rayon de 20 km) : Belleville (Cher), Bugey (Ain), Cattenom (Moselle), Chooz (Ardennes), Civaux (Vienne), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Golfech (Tarn-et-Garonne), Nogent (Aube), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire) ?

Elles vous font courir un danger mortel par leurs émissions de légionelles (la légionellose a causé plusieurs dizaines de décès en France ces dernières années).

Le Réseau Sortir du nucléaire appelle les riverains de ces onze centrales, dans un rayon de 20km, à saisir le Procureur de la République pour "Mise en danger de la vie d'autrui" : Danger mortel autour de onze centrales nucléaires

20 millions de tonnes de CO2 par an de plus en France

C'est environ ce qu'enverront dans l'atmosphère les 10170 MW de capacité de production électrique à combustible fossile installés en France d'ici à 2012 (EDF : 3 100 MW, Poweo : 2 800 MW, SNET : 2 000 MW, Gaz de France : 1 430 MW, Suez : 840 MW) alors que la France se fixe pour objectif de réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2050, ce qui implique une réduction de l'ordre de 3 % par an de ces émissions dès aujourd'hui.

Les états "se sont privés des moyens d'orienter la politique énergétique. "Tout est laissé à l'initiative du marché, juge Pierre Radanne, consultant indépendant, alors que les opérateurs visent essentiellement à rémunérer leurs actionnaires."" écrit Hervé Kempf dans Le Monde du 05.07.06.

Energie et climat : sortir de la frénésie

"Comme le remarque Benjamin Dessus, du groupe de réflexion Global Chance, "il n'y a pas de lobby de l'économie d'énergie", alors même qu'il y a là un important gisement d'efficacité économique et d'emplois."

Par une politique d'incitation aux économies d'énergie et d'instauration de solutions utilisant des ressources renouvelables le gouvernement aurait pu faire coup double : obtenir des résultats intéressants du point de vue de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre ET créer de nombreux emplois.

Il a préféré se lancer dans ce stupide CPE (car il apparaît maintenant comme une mesure assez dénuée d'intelligence à différents points de vue) et ainsi gaspiller pas mal d'énergie et de temps en fermant les yeux sur une question cruciale pour notre avenir commun à laquelle, de toute évidence, il a décidé de ne pas s'attaquer avec sérieux.

Un temps que les lobbies de l'électricité ne perdent pas, eux...

Laissons-donc ces actionnaires s'engraisser au mépris de l'intérêt général et le gouvernement nous conduire dans les impasses qu'il sait si bien nous inventer !

Ainsi tout semble aller pour le mieux en direction du pire, et les Conseils Généraux ne démentiront probablement pas : à quel moment seront-ils complètement étouffés par le poids des dépenses d'action sociale ?

Elles ont augmenté de 11% en 2005 et la tendance ne semble pas vouloir s'inverser : la progression de ces dépenses devrait atteindre 8% en 2006.

ODAS, Action sociale 2005 : la décentralisation à l’épreuve des faits

 

Les dépenses d'action sociale ont augmenté de 11 % en 2005 dans les départements

Tandis que les effectifs de chômeurs semblent baisser ceux des allocataires du RMI (ou RMA ?) croissent et  la paupérisation de certaines couches de la société ne semble pas céder de terrain.

Autant de motifs supplémentaires pour se questionner sur cette Allocation d'existence, qui réglerait d'un coup de nombreux problèmes graves que notre société semble devoir (ou vouloir, vu son immobilisme ?) accumuler.

Qui ?

  • Qui publie les articles et pourquoi ? Ce sont les auteurs des blogs et sites internet liés (linkés) ensemble dans le cadre du réseau freemen qui expriment leur intérêt pour des articles qui font sens avec leurs (nos) convictions et qui décident, individuellement donc en toute liberté, de sélectionner les publications relayées ici. Pour "peser". Pour tourner les regards vers ces enjeux fondamentaux. Pour être acteur d'un changement souhaité et vraisemblablement vital. Parce qu'internet permet cette réapropriation de la parole par les citoyens. Rejoignez nous...

Mode d'emploi

  • Notre monde change. A vue d'oeil. Fin du capitalisme, post-mondialisation, "révolution énergétique", nécessité de mettre en oeuvre un "dévelopement" durable et responsable, anticipation de la décroissance, réduction des iniquités Nord-Sud, réflexion autour du réchauffement climatique, regard porté sur cette "guerre" en marche, ses conséquences sociales et sur cette vie politique en quête de créativité. ChampG c'est tous les jours un à plusieurs articles "piochés" sur le web. Pour changer le monde. Tout simplement.

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