28 août 2007

Et si nous donnions un sens à notre épargne ?

Ethique La récente crise bancaire issue des fameuses «subprimes» américaines nous amène une fois de plus à nous pencher en tant qu’épargnants sur l’usage que font les institutions financières de notre argent.

    

    La récente crise bancaire issue des fameuses « subprimes » américaines nous amène une fois de plus à nous pencher en tant qu’épargnants sur l’usage que font les institutions financières de notre argent.

Qu’avons-nous pu observer pendant cette crise ?

Les pouvoirs publics si prompts en général à fustiger les dépenses de santé ou les retraites des salariés ont montré leur impuissance. La BCE championne de l’inflation et donc prompte à combattre toutes les augmentations de salaires a été obligée d’injecter plus de 200 milliards d’euros (source Le Grand soir ).

Le président de la République qui doit recevoir les banquiers français leur demandera-t-il d’imputer sur leurs bénéfices les pertes occasionnées par les placements sur le marché des subprimes ?

S’ils refusent, combien d’entreprises et de particuliers vont devoir payer pour compenser les pertes issues de la course au rendement à deux chiffres ?

S’ils acceptent, combien de salariés de ces banques et établissements financiers en feront les frais au travers de plans sociaux ou suppressions d’emplois ?

Cette crise met une fois de plus en lumière la façon dont l’argent des épargnants peut être utilisé et donne à beaucoup l’envie de sanctionner les comportements totalement spéculatifs.

L’épargne outil de modification des comportements économiques ?

On parle à mots feutrés (mais de plus en plus) de responsabilité sociale ou sociétale des entreprises. Les événements liés aux subprimes sont, il me semble, annonciateurs de leur futur succès auprès des épargnants.

Lassés par des marchés financiers dont l’objet principal devient de plus en plus la rentabilité maximale à court terme (au détriment de l’investissement productif de moyen et long terme), les citoyens épargnants vont rapidement orienter leur épargne vers des solutions éthiques, responsables et respectueuses de la planète.

Quelles pistes aujourd’hui pour investir autrement son argent ?

La finance solidaire

Vous avez la fibre citoyenne, vous comprenez que nos actes économiques (consommer, épargner, investir, produire) peuvent peser dans la façon dont notre société fonctionne et que par des comportements adaptés, chacun peut apporter sa touche à la construction d’une société plus humaine. Les produits d’épargne solidaire vous permettent d’exercer votre citoyenneté en orientant votre argent vers des projets qui vous tiennent à cœur, porteurs de changement et de lien social.

Les circuits financiers solidaires ont un double rôle :

Ils apportent des financements qui :
- répondent aux besoins de financement des projets solidaires, non satisfaits par le marché ;
- stimulent le développement d’initiatives et de projets alternatifs et innovants.
Ils répondent à des interrogations et à un besoin de transparence des épargnants sur l’utilisation faite de leur épargne en suscitant une démarche nouvelle chez eux et en leur permettant de diriger leurs choix d’investissements, non plus uniquement en vertu de principes financiers, mais également en fonction de leurs critères éthiques (adéquation entre leurs valeurs morales et leurs actes), de solidarité (altruiste ou citoyenne) et de proximité (géographique ou sociale).

Liste des produits d’épargne labellisés Finansol
Source Finansol

L’investissement socialement responsable

Il s’agit de l’Investissement socialement responsable, connu en anglais sous le nom Socially Responsible Investment. Ce type de gestion consiste à intégrer des critères de nature sociale et environnementale aux critères financiers classiques. Pour cela les gestionnaires de fonds utilisent, entre autres, les services d’analystes spécialisés dans la notation des entreprises sur ces thèmes.

Liste et évaluations des fonds ISR

Source NOVETHIC

Certains argueront que ces placements sont tout au plus un nouvel avatar du capitalisme, d’autres comme Milton FRIEDMAN que la responsabilité sociale des entreprises ne peut être mise en place dans les entreprises qu’après que les actionnaires aient été... bien servis.

Il n’en reste pas moins qu’aucune loi ne permettant la moralisation de la finance mondiale (du moins tant que les politiques s’y refusent), ce sera de plus en plus à chacun de nous de décider de l’affectation de notre épargne en fonction de critères concernant : les droits de l’Homme, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles, les droits et conditions de travail...

Illusoire direz vous ?

Une citation du Dalaï Lama donne pourtant à réfléchir :

« Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour pouvoir changer quelque chose, essayez de dormir avec un moustique... Et vous verrez qui empêche l’autre de dormir. »

Alors, pourquoi ne pas commencer maintenant à regarder et agir ?

12 mars 2007

l'autre croissance, les freemen et la présidentielle

Un an et demi après sa création, le réseau freemen peut aujourd’hui considérer que ses premiers objectifs sont atteints.

 

Avec la déclaration du président de la République hier, et les demandes du premier ministre la semaine dernière, c’est en effet aujourd’hui tout l’échiquier politique, hors FN et LO, qui reconnaît l’existence et l’importance des deux points qui sont la base de ce réseau de blogs :

 

1. le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique,

 

2. s’attaquer sérieusement à ce problème (et à d’autres… guerres, pauvreté, etc.) implique une remise en cause profonde de nos modèles économiques et particulièrement de la notion de « croissance »,

 

Tour à tour qualifié de think tank, de lobby, (voire de secte !), de « vraie puissance du net », de nouvelle franc-maçonnerie, d’avant-garde du 5eme pouvoir, le réseau freemen, qui n’est rien d’autre qu’un modeste réseau de blogueurs, s’était fixé il y a quelques mois comme premier objectif de faire entrer ces deux thèmes dans la campagne présidentielle.

 

Le premier thème a rapidement été pris en compte, notamment grâce aux interventions des forces écologistes, appuyées par Nicolas Hulot et Al Gore ; restait à le relier à la notion de croissance et à la définition de nouveaux indicateurs de progrès réel. Ce long travail s’achevait hier soir avec le ralliement du dernier bastion conservateur : la Présidence de la République française.

 

« C'est une révolution dans nos esprits tout autant qu'à l'échelle mondiale qu'il faut mener. Pour concevoir un nouveau mode de relation avec la nature et inventer une autre croissance. » Jacques Chirac. 11 mars 2007.

 

Cette déclaration est donc la dernière d’une longue série qui a vu tour à tour toutes les tendances politiques de ce pays reconnaître que la sacro-sainte croissance, qui concentrait il y a quelques mois encore toutes les attentions, n’était plus un objectif sensé pour une société moderne.

 

On trouvera ci-dessous les extraits les plus pertinents sur ce thème des discours et programmes des différentes tendances.

 

Nous sommes tout à fait conscient que le réseau freemen n’a pas fait cela tout seul et que chacun n’a fait ici que son devoir de citoyen du monde, selon ses propres moyens et convictions, que ce soit au travers de posts sur un blog ou de dîners avec des présidentiables ; nous tenons à remercier et à féliciter aujourd’hui tous ceux et toutes celles qui ont contribué à la diffusion et à la progression de ces idées.

 

Nous invitons chaque citoyen à se rendre compte que, au-delà  de la mise en place de nouveaux objectifs et indicateurs, cette « autre croissance » n’est tout simplement pas compatible avec le capitalisme sous sa forme actuelle.

La majeure partie de notre économie, de nos entreprises, est aujourd’hui soumise à la dictature d’une course sans fin au profit financier dont nous devons la libérer.

 

Quelque soit le résultat des prochaines élections, la nouvelle équipe gouvernementale n’en aura en aucun cas les moyens.

 

Ce n’est pas dans une quelconque idéologie ou doctrine politique, ni dans des mesures gouvernementales que se situent les portes des nouveaux mondes ; mais bien dans la mise en place et la diffusion d’alternatives concrètes qui existent déjà par centaines. C’est à leur construction que nous devons maintenant consacrer l’essentiel de notre énergie.

 

Le monde sera le résultat de nos expérimentations.

 

 

Colonels Fedhmann Kassad et Aureliano Buendia

Lieutenant Francesco Casabaldi.

 

 

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Dominique de Villepin

 

Dominique de Villepin a demandé mardi à l'INSEE de mettre à la disposition des Français "deux ou trois indicateurs" nouveaux de croissance pour mettre en évidence le "progrès durable".

"Nous devons construire une croissance qui ait un sens plus large que la seule augmentation du PIB", a déclaré le Premier ministre à l'issue de la première conférence sur la croissance à Bercy.

Notant que les Français veulent une économie "dynamique" mais aussi "juste", "un environnement préservé, un système de santé de qualité, des services publics efficaces", il a appelé de ses voeux "de nouveaux outils de mesure plus en phase avec ces aspirations".

[…]

"La croissance, ce n'est pas seulement une question économique, c'est aussi un choix de société", a rappelé M. de Villepin, qui a réaffirmé son objectif d'une croissance de 3% à l'horizon 2012, contre 2% l'an dernier. AP

 

Corinne Lepage

 

"Leurs outils de mesure sont la croissance économique et le PIB. Ce qui ne rentre pas dans leur grille n’existe pas. Sept millions de Françaises et de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Une ligne statistique qui ne perturbe pas le chiffre du commerce extérieur. Le taux de suicide effarant chez les jeunes adultes, la consommation de neuroleptiques, d’antidépresseurs ? Du chiffre d’affaires pour les laboratoires qui les fabriquent, les pharmaciens qui les distribuent, encore du PIB. Une femme décède tous les quatre jours sous les coups de son partenaire ? Rien. Leurs outils sont systématiquement tournés vers la création de profils financiers. Et jusque-là tout allait bien, jusqu’à cette damnée croissance en berne. Cette croissance économique est un aveuglement idéologique."

 

François Bayrou

 

“Deuxième sujet, qui pour moi est central: celui des indices avec lesquels nous mesurons notre développement.

Le PIB donne la même valeur à une activité humaine qui détruit l’environnement et à une activité humaine qui le sauvegarde. Le travail de dépollution sur l'Erika est compté dans le PIB ! Cela ressemble à une entreprise qui ne proposerait pas de bilan, qui ne différencierait pas l’investissement et les frais généraux. Il faut que nous mesurions non pas l’activité, mais le développement humain . Il me semble nécessaire de définir internationalement un indice du développement humain.

Voilà les idées que je voulais aborder.

L’écologie devient la condition nécessaire de toute action politique. Le climat, est la grande menace du siècle. Partis comme nous sommes, si nous laissons faire le marché, la consommation, nous allons connaître la pire catastrophe humanitaire. Notre objectif, c’est de diviser par quatre notre consommation d’énergie fossile d’ici 2050. Et donc de la diminuer d’un quart d’ici 2020. Et nous n’y arriverons qu’en changeant, dans le bâtiment, dans les transports, dans les voitures, notre mode de vie. Et ce qui paraît une contrainte, est en fait la chance d’une vie différente.”

 

Et ailleurs, moins directement lié, mais « dans l’esprit » :

 

"Pour moi, ces questions, qu'on présente toujours comme des menaces, sont aussi une chance .

Il y a sans doute menace sur l'espèce humaine, mais pas sur notre niveau de développement. Pas si l'on considère que le développement, c'est le développement humain. Education, connaissance, capacité de vivre ensemble, capacité de vivre plus sobrement, de respecter la planète, capacité de voir dans les Indiens d'Amazonie nos frères humains embarqués dans la même barque, capacité de bâtir la gouvernance mondiale dont nous avons besoin, capacité de saisir les instances politiques de l'humanité des problèmes qui dépassent les États et les entreprises - ce que recèlent les questions dont nous débattons aujourd'hui, c'est un immense progrès pour l'humanité !

Il faut que nous ressentions et fassions partager aux Français cette idée : il faut répondre à l'urgence, et en même temps bâtir un projet de société pour la France, l'Europe, la planète.

Un nouveau modèle de développement est en germe, plus sobre . Tout comme un nouveau modèle de développement est en germe dans Internet, si on le regarde comme l'autonomie et la mobilisation des citoyens, par exemple dans les wikis.

Portons ce double message : responsabilité pour répondre à l'urgence, vision d'un nouveau mode de vie pour l'humanité ; et c'est alors que les citoyens, qui vont avoir à voter, nous entendront."

 

 

Alternative unitaire (point 2 du programme)

 

2 - UN NOUVEAU TYPE DE DEVELOPPEMENT

Protéger l’environnement

Les politiques libérales financiarisées et productivistes constituent un obstacle à la défense de l’environnement et à la sauvegarde de la planète.

C’est à la redéfinition du type de croissance, de production et de consommation qu’il faut s’atteler.

 

 

Parti socialiste

 

« Nous mettrons en place des indicateurs de croissance durable pour construire de nouvelles mesures de la richesse nationale qui prennent en compte le coût de la pollution et de la destruction des ressources non renouvelables »



source > A tous les hommes libres

29 janvier 2007

L'île aux fleurs

Si jamais vous vous êtes, une fois, demandé pourquoi ce blog existait, pourquoi les freemen existaient, et bien la réponse est à la fin de ce petit bijou.

21 décembre 2006

30.000 emplois bidon créés pour convenance électorale

Lu dans le Canard enchaîné : 30.000 emplois “aidés“ devront être créés en trois mois dans les hôpitaux publics, sur l'ordre de 3 ministres : Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand et Philippe Bas, signataires d'une instruction en ce sens, le 7 décembre dernier.

10.000 emplois, sans qualification particulière (emplois d'accueil ou d'aide administrative), seront donc créés par mois, de janvier à mars prochain, co-financés pour l'essentiel (à l'exception de 69€, qui restent à la charge des hôpitaux) par l'Etat et les Conseils généraux ! Formidable, non !

Le hic, c'est  que ces contrats sont conclus pour 6 mois, “en dérogation aux règles ministérielles applicables aux contrats d'accompagnement dans l'emploi“. Six mois, ça nous mène à une fin de contrat en juin, juillet ou août. Juste après les Présidentielles et les Législatives.

La Fédération hospitalière de France n'a pas apprécié cette “générosité“ à l'heure où, faute de crédits suffisants, les hôpitaux sont amenés à limiter ou à comprimer leurs effectifs.

Pour aller dans le sens de cette information, depuis la rentrée scolaire, de nombreuses écoles se sont vues doter d'emplois de ce type (un par établissement), dont les directeurs d'école ne savent pas trop quoi faire, alors que les effectifs qualifiés sont également mis à mal.

Après qu'on ait assisté, depuis des mois et des mois, à des effets d'annonce sur la baisse du chômage, pourtant moins due à la création d'emplois qu'au double effet de la démographie (départs à la retraite des baby boomers) et des radiations administratives, ce gouvernement s'emploie à truquer une nouvelle fois les statistiques en créant des dizaines de milliers d'emplois qui sont voués à disparaître aussitôt après les échéances électorales.

J'appelle les Freemen à relayer cette information,le plus largement possible, sur leurs blogs, à en parler, à la répandre partout où c'est possible.

Au-delà de l'intérêt immédiat que ces emplois -même temporaires- représentent pour les personnes concernées, il y a là une telle amoralité, un tel mépris à utiliser des gens dans le besoin comme masse de manœuvre pour des objectifs électoraux, en même temps qu'un tel cynisme vis à vis des citoyens, que nous n'avons pas le droit de laisser passer ça et d'en être complices, par notre silence ou notre indifférence.

(Billet déjà partiellement publié sur Carnets de nuit)

13 décembre 2006

Variables d’ajustement

Chomeurs Ils ont pour prénom, André, Françoise, Farid, Leila, Maurice, Franck et ils ont tous en commun d’avoir perdu leur travail en même temps. Pour eux, les lumières et les décorations des fêtes de fin d’années n’auront certainement l’aspect joyeusement niais que nous présentent les journaux télévisés. Derrière ces prénoms, il y a des situations différentes : CDI, CDD ou CNE. On ne les a pas gardés pour des raisons similaires : Baisse d’activité, compression d’effectifs, remplacement par un plus jeune, « embauche » d’un stagiaire, …

Entre le travailler plus de Nicolas SARKOZY et le travailler différemment de Ségolène ROYAL, aucune réponse immédiate ou à moyen terme ne sera apportée à leur problème. Retour ou découverte des ASSEDIC et à l’ANPE pour tous.

Que peuvent nos politiques face à ce problème qui contrairement aux grandes théories économiques et parfaitement concret ?

Si l’on en croit le programme de l’UMP, il faudrait privilégier le travail. Explications : Pour augmenter le pouvoir d’achat, il suffit de supprimer les 35 heures et permettre aux salariés de faire des heures supplémentaires. Ce qui signifie que ceux qui ont un emploi « pourront choisir » de travailler plus. Donc, création de poste zéro.

Nicolas SARKOZY se propose de privilégier « ceux qui se lèvent tôt » ce qui signifierait qu’il existe une France des courageux et une des faignants ? Perdre son emploi et ne pas en trouver malgré des heures et des jours de recherche vous classerait-il dans le clan de ceux qui adoptent une attitude de rentiers ?

La candidate socialiste adepte de la flex sécurité chère aux pays nordiques nous propose tout simplement d’apporter un filet de sécurité qui n’est ni plus ni moins que l’institutionnalisation du chômage partagé mais répartit (encore faudrait-il consacrer une part du budget de la nation aussi importante que ces pays)

Quel est au fond le problème ?

La logique qui veut que l’inflation soit jugulée est une bonne chose mais lorsqu’elle est portée par les banques centrales comme un dogme, cela peut devenir dramatique. La lutte contre l’inflation impose que l’augmentation des prix et salaires soit dans un premier temps contrôlée. L’étape suivante consiste à ce que les prix diminuent pour permettre aux salariés de continuer à consommer autant avec un salaire qui augmente peu ou pas.

Comment réussir un tel tour de force ?

Voir baisser les prix pourrait indiquer que les fournisseurs pratiquaient des marges tellement importantes qu’ils prenaient les consommateurs pour des imbéciles. Ce n’est bine entendu quasiment jamais le cas. En réalité, la production s’oriente vers des pays ou les coûts du travail sont les moins élevés (délocalisations)

Il faut néanmoins noter qu’alors que la baisse du prix des textiles (100% fabriqués en Chine) est de 15 à 20 % pour les consommateurs britanniques, elle ne dépasse pas 2 % en moyenne en France. Etonnant non ?

Qui doit en ce cas payer l’addition ?

Les salariés sont, bien entendu, les seuls à subir ce changement de donne au travers de remise en cause de leurs conditions de travail ou en devenant des variables d’ajustement.

Prcaire Un salarié licencié pour cause de faible activité est immédiatement ou à court terme un consommateur de moins ce qui entrainera sans nul doute des ajustements dans d’autres entreprises.

Les organismes ou confédérations d’entrepreneurs proposent comme à leur habitude une énième baisse des charges sociales, des concepts nouveaux comme la « séparabilité » sans pour autant refuser les aides massives à l’emploi.

En clair, rompre le pacte qui lie les salariés à leur entreprise en sachant que le différentiel entre les conditions de travail et de salaire avec les pays d’Asie est tellement important qu’une suppression des charges et des licenciements sans indemnités ne changerait strictement rien.

Le capitalisme est-il en train de s'autodétruire ? demandent Patrick ARTUS et Marie Paule VILLARD

« La question peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même où les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes records à leurs actionnaires... Alors que la croissance économique - en Europe en tout cas - stagne, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s'aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d'une telle captation de richesses »

Quant à André, Françoise, Farid, Leila, Maurice et Franck, qu’ils se rassurent, les candidats à la présidence de la république ont déjà dans leurs programmes mille et une façon pour les escamoter dans les statistiques au travers de stages parking ou de classification « grand âge » les dispensant de recherche d’emploi. Ce semble être ces derniers temps le sort réservé aux variables d’ajustement.

Sources

Evene

Medef

07 septembre 2006

La croissance économique cache une crise sous-jacente sans précédent

Tous les indicateurs économiques sont en hausse : en 2005, on a produit plus d’acier et d’aluminium que jamais auparavant. Mais la concentration atmosphérique moyenne en dioxyde de carbone a augmenté de 0,6% par rapport au pic de 2004. Il s’agit de l’augmentation annuelle la plus forte jamais enregistrée !

Institut Worldwatch (Vital Signs 2006 - 2007) - 12-07-2006

[Traduit de l'américain par Julie Bartoli pour (l'excellent) Planète Urgence]

Selon le rapport Vital Signs 2006-2007 [Signes vitaux 2006-2007] publié récemment par l’Institut Worldwatch, les indicateurs économiques sont en hausse : en 2005, on a produit plus d’acier et d’aluminium que jamais auparavant, la fabrication de véhicules a atteint un record de 45,6 millions d’unités, et le produit intérieur brut mondial un record de 59,6 milliards de dollars. La même année, le nombre d’utilisateurs d’Internet dans le monde a atteint le milliard et les ventes de téléphones portables ont approché les 816 millions d’unités.

Cependant, alors que ces tendances indiquent des niveaux de commerce et de consommation sans précédents, elles s’affichent sur fond de déclin écologique dans un monde qui puise la majorité de son énergie des combustibles fossiles. En 2005, la concentration atmosphérique moyenne en dioxyde de carbone a augmenté de 0,6% par rapport au pic de 2004. Il s’agit de l’augmentation annuelle la plus forte jamais enregistrée. La température globale moyenne a atteint 14,6 degrés Celsius, ce qui en fait l’année la plus chaude jamais répertoriée à la surface de la Terre.

À la fin de l’année dernière, on estimait que 20% des récifs coralliens de la planète avaient été détruits, et que 20% des mangroves avaient disparu au cours des 25 dernières années seulement. Dans les deux cas, ces écosystèmes constituent une protection côtière naturelle contre des catastrophes climatiques qui ont coûté un record de 204 milliards de dollars en 2005 dont 125 milliards de dollars de dégâts causés par l’ouragan Katrina.

Les conclusions de ce rapport s’appuient sur celles de l’Évaluation des Ecosystèmes pour le Millénaire [Millennium Ecosystem Assessment] parrainée par les Nations Unies et publiée en 2005, qui souligne que la dégradation de l’environnement et des équilibres naturels de la Terre résulte de l’activité humaine. La déforestation, par exemple, est la cause de 25% des émissions humaines annuelles de carbone. Près d’1% de la couverture forestière de la planète a été perdue entre 2000 et 2005 (les pertes les plus importantes étant signalées en Afrique et en Amérique Latine, avec 3,2% et 2,5% de pertes respectives). Le déclin des écosystèmes menace les services vitaux qu’ils procurent, comme l’approvisionnement en eau douce et en nourriture et la régulation du climat et de la qualité de l’air. Ce déclin augmente également le risque de changements perturbateurs et peut-être irréversibles tels que des dérèglements climatiques régionaux, l’émergence de nouvelles maladies, et la formation de “zones mortes” à faible teneur en oxygène dans les eaux côtières.

Nos modes de vie actuels nuisent aux écosystèmes de la planète et aux populations qui en dépendent, a déclaré Erik Assadourian, le directeur de projet du rapport Vital Signs 2006–2007. Si tout le monde consommait au même niveau que dans les pays riches, la planète ne pourrait supporter durablement qu’1,8 milliard d’individus, et non pas la population actuelle de 6,5 milliards. Pourtant il n’est pas prévu que la population mondiale diminue mais qu’elle augmente jusqu’à atteindre 8,9 milliards de personnes en 2050.

Près de 80% de l’énergie mondiale vient du pétrole, du charbon, ou du gaz naturel, combustibles fossiles qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre accélérant le changement climatique. La consommation de ces combustibles a continué à augmenter en dépit de la montée en flèche des prix énergétiques au cours des deux dernières années : en 2004, l’utilisation du charbon a augmenté de 6,3% et la consommation de gaz naturel de 3,3% ; en 2005, l’utilisation du pétrole s’est accrue de 1,3%.

Cependant, ces taux de croissance pâlissent à côté de ceux des énergies renouvelables : la capacité mondiale de génération d’énergie éolienne a fait un bond de 24% en 2005, la production d’énergie photovoltaïque solaire a augmenté de 45% et la production de biocarburants de 20%. Ces développements sont impressionnants et susceptibles d’engendrer des changements de grande envergure au sein des marchés mondiaux de l’énergie dans les cinq prochaines années, a déclaré le président de l’Institut Worldwatch, Christopher Flavin. Mais la transition devra être encore plus rapide si l’on veut éviter le type de crises écologiques et économiques qui pourraient être précipitées en continuant sur la voie de la dépendance à l’égard des combustibles fossiles.
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28 mars 2006

« DETTE ODIEUSE »

Le CADTM sort sa première bande dessinée !

Dans de nombreux pays, une dictature a laissé en héritage une dette colossale. Cette dette odieuse, qui a servi à renforcer et à enrichir un régime despotique, n’a pas à être remboursée par les populations meurtries par ce même régime.
A travers 4 pays emblématiques, Frédéric Chauvreau et Damien Millet nous font suivre 4 destins porteurs de révolte et d’espoir. Le vieux congolais, la danseuse indonésienne, la mère irakienne, le jeune argentin sont autant de témoins des ravages de la dette odieuse.
Depuis le début des années 1980, le mécanisme de la dette du Tiers Monde permet au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale, aux entreprises multinationales et à quelques grandes puissances d’exercer une domination implacable sur l’économie mondiale, au détriment de milliards d’hommes et de femmes dont les droits fondamentaux sont bafoués.
Dès lors, l’annulation totale et inconditionnelle de la dette du Tiers Monde constitue le premier pas indispensable vers la construction d’un monde soucieux d’égalité, de fraternité et de justice.
Pour la première fois, une bande dessinée présente un axe majeur de ce combat : la dette odieuse.
La BD sera en librairie à compter du 3 mai 2006. Pour la découvrir en exclusivité, vous pouvez la commander directement au CADTM.
Plus d'infos et bon de commande ici

10 mars 2006

A tous les Hommes Libres !

Marcos_by_candy_A tous les anonymes, tous ceux qui luttent, les sans-logis, les sans domicile fixe, les sans-papiers, les sans-terre, les sans-abris, les sans droits, les sans argent, les chomeurs, les chomeuses, les minoritaires, les révoltéEs, les résistantEs, les activistes, les altermondialistes, les zapatistes, les écolos, les décroissantEs, les anticapitalistes, les antiproductivistes, les internationalistes, les antipub, les anti4x4, les antibagnoles, les démocrates, les républicainEs, les révolutionnaires, les réformistes, les laïcs, les progressistes, les anticonsuméristes, les militantEs, les cyber-rebelles, les hacktivistes, les énervéEs, les zombies, les clowns, les dégonfléEs, les intergalactiques, les libertaires, les penseurs, les râleurs, les philosophes, les artistes, les pédagogues, les hackers, les ouvriers, les hommes/femmes de bonnes volontés, les peintres, les poètes, les radicaux, les engagéEs, les rien-du-tout, les tout-ou-rien, les rien-de-rien, les tout-pour-le-tout, les hommes et les femmes libres... ,

FlowerNous rassembler lors d’une rencontre pour discuter, échanger, s’écouter, s’organiser serait une bonne chose et réalisable, notamment lors de la prochaine rencontre intergalactique (qui apparemment n’aura pas lieu cette année, des infos ?).

Nous rassembler autour d’une action commune semble en revanche assez illusoire. Nous ne sommes pas tous d’accord et c’est tant mieux.

En revanche nous avons tous quelque chose à dire, à faire, à montrer, à dénoncer, à exprimer, à détruire, à changer dans nos domaines de lutte respectifs. Mener une multitude d’actions, chacun dans son domaine, mais qui auraient toutes lieu en même temps, le même jour pourrait être une manière de donner davantage de visibilité à chacun et l’occasion de démontrer que nous sommes tous là, chacun à son poste, prêts à agir de manière coordonnée et simultanée, sur tous les fronts en même temps.

Marcos_by_societysrejectQue la résistance existe. Que ce réseau des réseaux pour l’Humanité et contre le néolibéralisme souhaité dans la 2e Déclaration de la forêt Lacandone, issue de la 1ère Intergalactique, peut fonctionner. Que chaque groupe, orga, association, brigade, collectif, comité, groupuscule, fédération, réseau fasse une action, symbolique ou non, "dans son coin", c’est bien mais si tout le monde le fait en même temps, le même jour (à la même heure ?) ca serait quand même beaucoup mieux, non ? Que chacun allume ou avive son contre-feu, son autre campagne, mais tous au même moment. Difficile ? Sans doute. Impossible ? Surement pas.


Qu’en pensez-vous ? Seriez-vous prêts sur le principe à participer à cette vague d’actions multiples et synchronisées ? Toutes les idées, remarques, critiques, suggestions, propositions sont les bienvenues avant d’envoyer cette bouteille à la mer à plus de monde... ;-)

Nous pouvons en parler sur le forum de La Liste à Suivre...

Hasta luego, la lucha sigue.

09 mars 2006

Magistral Billet > Notre modèle financier est, par essence, voué à disparaître...

Pourquoi notre système économique et financier, basé sur le papier-monnaie comme vecteur et le dollar comme dictateur, est-il voué à se transformer, voire à disparaître?

La fonction principale de la finance est d’assurer le transfert de la (nos) «valeur/s» dans le temps.

En réalité, la finance ne fait que vendre, contre de la monnaie (qui, elle, donne droit à jouir immédiatement d’une part de la richesse produite aujourd’hui), un «droit» sur une part de la richesse qui sera produite dans le futur. Et elle organise, jusqu’à leur échéance, la revente de ces droits, leur circulation. Ces droits sur la richesse future ne sont en réalité que des promesses. Et une promesse n’engage que celui ou celle qui y croit. Rien, absolument rien, ne permet en effet d’en faire des droits sûrs, qui seront honorés quoi qu’il arrive dans le futur. Pour que notre «système» économico-financier basé sur une logique capitaliste «économie de marché» continue de fonctionner, nous sommes condamnés à faire confiance à ses acteurs, à leurs capacités à assumer la fonction principale: «la promesse de transférer la richesse dans le temps», et à croître afin d’augmenter, à travers le temps, la valeur de cette richesse, quoi qu’il arrive. En effet, les deux piliers du temple capitaliste sont la confiance et la croissance. Si l’un deux vient à faillir, d’une façon durable, tout l’édifice s’écroule.

Lire la suite "Magistral Billet > Notre modèle financier est, par essence, voué à disparaître..." »

23 février 2006

Entend-il ce qu'il nous dit ?


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Après avoir piétiné pendant quelques jours, l’indice CAC 40 a franchi hier la barre des 5000. Mais peut-il encore monter ? Pour savoir où il va, il faut commencer par regarder d’où il vient, même si en bourse, comme ailleurs, ce n’est pas en regardant dans le rétroviseur que l’on trouve son chemin. En mars 2003, le CAC 40 était tombé à environ 2400. En l’espace d’un peu moins de trois ans, il a donc plus que doublé, ce qui est tout à fait exceptionnel. Et comme, rien que l’an passé, il a gagné un peu moins de 25%, le sentiment dominant était que ses perspectives pour cette année paraissaient limitées. D’autant plus limitées d’ailleurs que le même sentiment dominant situe la progression du bénéfice par action de l’indice à plus 9 ou plus 10% en 2006. Or, en l’absence de fort mouvement sur les taux d’intérêt, ce sont les prévisions de bénéfices qui tirent les bourses. On l’a bien vérifié en 2005, où les bénéfices auront progressé pratiquement à la même vitesse que l’indice. Si les bénéfices augmentent gentiment sans plus, que les taux d’intérêt restent calmes, comme on le prévoit, et, enfin, qu’aucun bouleversement géopolitique, nécessairement imprévisible, ne vient brouiller les cartes, les indices boursiers devraient évoluer comme les prévisions de bénéfices. Il y aura certes des OPA pour animer la cote, mais leur répercussion sur les indices est limitée, car chaque OPA ne touche qu’une valeur à la fois. Si ce raisonnement est bon, le potentiel de hausse de la bourse de Paris serait de l’ordre de 10%, portant le CAC 40 à 5200-5300. Le problème, c’est qu’à 5000, l’essentiel de ce chemin a déjà été fait en un mois et demi. La leçon de ce constat rudimentaire, c’est que nous sommes partis pour une année chaotique, où les phases de baisse devraient alterner avec les phases de hausse, les investisseurs portant un intérêt tout particulier aux bénéfices publiés. Si ces bénéfices ne sont pas en phase avec leurs prévisions, bonjour les dégâts ! La vie boursière a-t-elle jamais été un long fleuve tranquille ? »

 

C'est dans son intégralité l'analyse développée pour des millions d'auditeurs plus ou moins attentifs par un homme à la voix jeune sur France Info, cet après-midi.

Vérification faite, il a pignon sur ondes et tient chronique : Question d'argent.

Ici reproduit le texte titré : La Bourse a-t-elle épuisé son potentiel ?


Fichtre.


Notre expert aurait-il autant d'emphase en commentant le BIP 40 ?



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François De Witt
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