| Dessin de Schrank |
| paru dans The Independent (Londres) |
Figurez-vous qu’il n’y avait pas de « plan B ». Il aura suffi de deux semaines, et d’un Conseil européen, pour en apporter la preuve irréfragable. Les partisans du « non » de gauche mentaient. Et leurs électeurs étaient les dindons de la farce. Rarement l’histoire sera allée aussi vite en besogne pour confondre les imposteurs. À la réflexion, elle est même peut-être allée trop vite pour être convaincante. Au lendemain de la réunion de Bruxelles, les « on vous l’avait bien dit ! » se bousculaient déjà sous la plume d’éditorialistes impatients et dans les discours de politiciens revanchards, les uns et les autres fiers de leur démonstration. Soit. Mais de quel ciel ce fameux plan européen de remplacement devait-il tomber ? Les altermondialistes ? Ils ne manquent pas de projets d’Europe de substitution. Ils en ont publiés. Ils en publient encore. Mais ils ne sont pas, que l’on sache, membres du Conseil européen. C’est donc bien à ces chefs d’État et de gouvernement qu’il incombe de nous proposer une suite. Même la mort dans l’âme. Or, non seulement ils ne l’ont pas fait, mais ils ont hâtivement déposé le bilan et sonné le glas, puis commenté le désastre qu’ils avaient eux-mêmes provoqué.
via Politis / Denis Sieffert




















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