L'intime est une fiction
Le rapport à l'intime et à la sphère privée est bouscullé, sans doute réinventé à travers le blogging. Nous sommes les pionniers de ces espaces publics si peu virtuels constitutifs et fondamentaux de l'individu "lambda" de la net-génération.
Je ne parle pas ici de confidences de collégiens (deux d'entre-eux ont encore été renvoyés de leur établissement de Toulouse, hier, pour propos blogués désobligeants à l'encontre de leurs professeurs) ni de provocantes révélations pseudo-intimistes apperçues ça et là mais du récit de sois, quotidien, à fleur de peau auquel tous nous nous confrontons, de près ou de loin, sur le web.
Hervé Resse se demandait hier quelles étaient les solutions (blog dédié au "privée", "blog secret", blog à l'accés réservé...), comment préserver sa ligne (éditoriale) face à la pression du Moi, de sa sphère et de l'écho des jours, problématiques inédites pour rédacteurs en chef amateurs de journaux de bord hautement addictifs.
Mais où s'arrête les "contes et récits du quotidien" et où commence la fiction, la romance comme le drame blogolittéraires ? La vérité tout autant que la transparence sont elle des nécessités, voir une finalité ? Comment ne pas voir disparaitre sa propre cohérence éditoriale si l'on cède à ces si faciles penchants et travers intimistes au péril de réflexions, créations ou regards plus unniversels, plus pertinents, plus interessants (bien souvent) et qui ne traiteraient pas de cette si fortement polarisée périphérie de nos charmants nombrils ? Quoi que, n'y a-t-il pas plus universel que le personnel ? Mais n'est-ce pas ce que l'on a de plus fragile, de plus précieux ?
J'avais créer le blog d'Angel il y a quelques mois. Angel est morte. Le blog l'a tuée. Depuis hier Ange est à nouveau parmi nous (nouvelle adresse pour la paradis). Bienvenue ma Demoiselle. "La mort m'a tuer" est un blog "secret" qui ne l'est pas resté :)
Enfin je vous "dois" une confidence. Cherchant à remédier à l'envahissement du privé et de l'intime sur BLP depuis quelques temps, j'ai créé il y a peu un autre réceptacle à textes courts personnels, teinté de sentiments croisés. Ultime coming out : bon surf sur "Meetic toi même", blog privé qui ne l'est pas resté, entre intime-fiction et romantiques-épanchements :)
Ainsi ce petit matin printanier je décidais avec le désespoir et la résignation de celui qui sait que cela est perdu d'avance, de chasser le "privé" de mon blog. Chassez l'intime, il revient à la tonne...
Il me reste à développer d'avantage le Skypeblog pour poster débats, interviews et discussions, et demain Blogsources dédié aux Blogpapiers...
Pesante famille !

























Depuis quelques temps, je me demandais: "Mais comment fait-il pour faite tout cela ?"
Après mures réflexions, j'en arrive à une conclusion peu flatteuse mais que Gabin a eu avant moi : 'Maintenant je sais, je sais qu'on ne sait jamais'
Rédigé par: barnabé | 04/05/2005 at 10:21
:)
'lut Barnabé !
Pas plus que Vinvin, Hervé ou tant d'autre je ne me rapelle réellement à quoi ressemblaient mes journées il y a plus de 6 mois... je te confie que depuis un certain jour d'octobre 2004, mon rythme a bien changé... Le plus délicat n'est pas, quoi qu'on en pense, ni la qualité ni la quantité de ce que l'on produit sur son/ses blog(s), mais le temps et la qualité d'écoute et d'investissement que l'on conserve dans la vraie vie, pour les siens, pour son métier, pour sois...
Plus j'avance et moins je sais... Si ce n'est ce que je ne veux pas mettre en péril : ceux et celles que j'aime.
Réflexions de Blogaddictes Bo-Blo ou Blo-Bo (voir le planneur pour la tradoc :)
Rédigé par: nico | 04/05/2005 at 10:31
Moi je dis que rien ne reste privé, puisque sur le net.
Ca me parait logique.
Rédigé par: Folie Privée | 04/05/2005 at 14:51
d'où le titre :)
et l'archivage (éternel ?) notamment par google de tout ce qui est sur le net renforce cette idée...
Rédigé par: nico | 04/05/2005 at 14:58
Pour tout te dire, Nico, j'ai effectivement craqué et balancé ma sauce sur un blog secret. Au pire, je le détruirai s'il devient, non public, il l'est par nature, mais "identifiable". Tu vas me dire: où est l'intérêt? C'est de mettre une distance symbolique entre soi et ce qu'on a à dire. Comme jeter un caillou à la mer. Comme souvent, l'important, plus que ce qu'on fait, c'est l'idée qu'on s'en fait. En tous cas, pour moi.
Rédigé par: herve resse | 08/05/2005 at 18:25
j'ai l'impression, souvent, que lorsqu'on essaye de cerner les frontières du blogging, on tombe dans le travers - excusez le néologisme - de la "définitionite".
Vouloir définir et, en un certain sens, vouloir conceptualiser le blogging c'est à mon avis l'enfermer dans un formalisme dommageable pour son avenir.
Si les bloggers sont des pionniers, alors le blog doit rester un outil (définition minimale) ; un outil dont il faudrait s'emparer sans ménagement.
A cet égard, je trouve que ton idée (Hervé) de blog secret ou plutôt - si j'ai bien compris - de blog caché est intéressante parce tu cherches dans différentes directions.
Et je crois que chaque blogger devrait faire de même : chercher tous azymuts.
Le blogging (idéalement) devrait rester une forme ouverte, un "work in progress".
Avoir le même sentiment que la chanson de Gabin "je sais que je ne sais rien", ça devrait être, non pas angoissant, mais stimulant et excitant.
Ainsi le blog peut permettre une multitude de ce que j'appellerais des "jeux de société" au sens large du terme. Une de mes premières impressions en découvrant la blogosphère : son énorme potentiel "baroque" ; toutes les possibilités offertes de jeux de masques, d'identités, de métamorphoses...
N'écoutons pas ceux qui seraient tentés de "définir" le blog, et d'une certaine façon, de le faire ainsi rentrer dans le rang des autres supports institutionalisés (télé, radio, jeu vidéo...). N'écoutons que notre folie privée (Folie, j'espère que tu n'as pas encore déposé le nom à l'INPI !).
La frontière privé/public existe nécessairement. Mais il ne tient qu'à chacun de la déplacer, de jouer avec elle, de sauter par dessus à pieds joints ; avec l'innocence et l'inconscience de l'enfant.
De ce fait, le blogging est empreint de modernité car il nous éloigne de cet empire du Moi qui prévaut en Occident et dont la pensée orientale est si éloignée ; ainsi que quelques penseurs contemporains (Adorno, Deleuze, Cage...) qui, par des chemins bien différents, s'en sont faits les critiques.
Expérimentons, expérimentons...
Et comme le chante Bashung : "Faisons les difficiles/Refusons en bloc les sentiments figés"
Allez, j'en profite pour récupérer une phrase devenue célèbre, à cette différence que je m'inclus dedans : "n'ayons pas peur".
Rédigé par: laurent Javault | 09/05/2005 at 11:06
et si le blog c'était s'éloigner du nombril pour retrouver sa véritable nature ?
Rédigé par: marco | 15/05/2005 at 14:18
et si s'éloigner du blog c'était s'éloigner du nombril pour retrouver sa véritable nature ?
:))
Rédigé par: nico | 15/05/2005 at 14:26